Emploi

72% des personnes accueillies en 2009 n’ont pas d’emploi. Elles ne sont pas toutes à la recherche d’un emploi. Il y a un tiers de retraités, des femmes au foyer, des titulaires de l’AAH  mais pour les autres, l’accès à l’emploi est une nécessité impérieuse. Cela correspond à un besoin économique et souvent pour les femmes, à une quête d’autonomie pas seulement financière.

Nous ne sommes pas spécialistes de la recherche d’emploi et nous voudrions adresser ces personnes vers le Pôle emploi ou d’autres services publics de l’emploi mais nous constatons que ce sont des structures qui ne conviennent  à une partie de notre public. Nous recevons des personnes qui cumulent les difficultés d’accès à l’emploi (problèmes linguistiques, analphabétisme, problèmes sociaux, garde d’enfants…). Certaines n’ont jamais vu personne exercer une activité salariée dans le pays d’origine et n’ont que des représentations très floues du monde du travail. Nous essayons de les aider à mieux se représenter les contraintes et les réalités de la recherche d’emploi, de comprendre le rôle des services publics, de savoir ce qu’est un CV ou une lettre de motivation. Nous avons besoin d’une structure de proximité capable de recevoir ce public.

Des personnes en conflit avec leur employeur s’adressent aussi à nous. Parfois, il s’agit d’incompréhensions. Nous devons alors expliquer à la personne ce que l’employeur attend d’elle. Mais nous constatons aussi que, non seulement les personnes exercent essentiellement des emplois précaires, mal rémunérés et peu épanouissants mais qu’elles sont aussi souvent victimes d’exploitation. Des employeurs profitent largement de l’ignorance que les salariés ont de leurs droits. Cela nous amène à les conseiller, les orienter vers l’inspection du travail, les soutenir dans une démarche aux prud’hommes.

Les personnes sans papiers aussi recherchent activement du travail et sont en général, contraintes d’accepter des conditions absolument indignes.

Pour nous, soutenir les personnes exploitées dans leur travail contribue à participer à la sauvegarde d’un droit du travail trop souvent écorné.